23 Sep 2026
Le Pape se rend en France : chemin de foi et d’espérance pour les jeunes
Par Ginette Côté
L’autre jour, un article sur le média français Aleteia, à propos de la visite apostolique du Pape en France, a retenu mon attention. Ce n’est pas tant la venue prochaine du pape Léon XIV en France qui m’interpelle. C’est surtout la réaction des jeunes et leur engouement devant cet événement. Je me suis demandé : si une telle visite avait lieu chez nous, au Canada, susciterait-elle la même curiosité, la même ferveur, le même désir de comprendre la foi chez nos jeunes?
La visite d’un pape demeure à un pays un événement rare. En France, cela fera 18 ans que le leader des catholiques n’aura pas foulé le sol du pays. La venue de Léon XIV, prévue du 25 au 28 septembre 2026, attire donc déjà beaucoup d’attention. Le vendredi 25 septembre au soir, une grande veillée de prière réunira au Stade de France des jeunes âgés entre 17 et 35 ans. Les places ont été réservées en moins d’une heure. Ce simple fait en dit long : l’intérêt est bien réel.
Mais pourquoi cet événement suscite-t-il autant d’enthousiasme, surtout chez les jeunes, dans une société où la foi n’est pas si visible? Cette question me rejoint personnellement. Est-ce qu’un tel événement chez nous provoquerait autant d’engouement que dans les années 1980, par exemple? Je me souviens encore de la venue du pape Jean-Paul II au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, près de Trois-Rivières. Je devais avoir 16 ans. Venant d’une famille croyante, nous y étions… La foule était immense!
Aujourd’hui, lorsque je dis aux gens que je travaille pour le Pape, on me regarde parfois un peu étrangement. Cela me fait réfléchir : les jeunes connaissent-ils vraiment son rôle? À quoi ressemblerait son discours pour eux? Peut-être auraient-ils justement envie d’y participer pour cette raison : pour découvrir, questionner et comprendre davantage.
Pour Bernard Lecomte, écrivain et journaliste, le Pape occupe une place particulière parce qu’il est, pour beaucoup de personnes, un signe d’espérance. Sa visite peut éveiller la curiosité de ceux qui se posent des questions sur la foi, sur le sens de la vie ou sur la place de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Cette idée me semble particulièrement juste. J’ai l’impression que plusieurs jeunes d’ici sont en manque de spiritualité, ou du moins en recherche de repères qui donnent du sens à leur vie. Ils ne le nomment pas toujours en termes religieux, mais la quête demeure bien réelle.
Ce phénomène ne touche pas seulement les pratiquants réguliers, rapporte encore Aleteia. Lors du voyage précédent de Léon XIV en Espagne, plusieurs Espagnols interrogés ont dit avoir vu sa visite comme quelque chose de positif pour toute la société. Cela montre que, même au-delà des murs de l’Église, la parole et la présence du Pape peuvent rejoindre des personnes très différentes. Il y a là quelque chose de profondément pastoral : une présence qui rassemble, qui écoute, qui ouvre un espace pour la rencontre.
L’article d’Aleteia fait constater que ce sont les témoignages des jeunes qui sont les plus parlants. Plusieurs d’entre-eux affirment vouloir vivre un moment fort, rencontrer d’autres croyants et se rappeler qu’ils ne sont pas seuls à chercher Dieu et à vouloir nourrir leur foi. J’aimerais entendre l’avis de nos jeunes devant une telle invitation. Verraient-ils un événement religieux lointain, une occasion de rassemblement, ou une porte d’entrée vers des questions qu’ils portent déjà sans toujours savoir où les déposer?
Simon, un jeune français de 26 ans, rapporte l’article, souhaite participer à la veillée avec le Pape puis à la messe du lendemain parce qu’il y voit une occasion rare de rassembler les catholiques français. Thibaut, 22 ans, remarque que plusieurs jeunes sont aujourd’hui en recherche de foi. Pour lui, la venue du Pape rend cette recherche plus concrète. Toujours selon Aleteia, Charlotte, 32 ans, souligne pour sa part que ces événements permettent de faire l’expérience d’une grande foule réunie autour d’une même foi. On peut alors repartir encouragés, avec le sentiment que la communauté croyante est plus vivante et plus nombreuse qu’on ne l’imaginait.
Voilà peut-être ce qui explique une partie de cet engouement pour la visite du Pape : pendant quelques heures, la foi devient visible, joyeuse et partagée. Pour des jeunes et des familles, pour des écoles et des paroisses, cela peut être un rappel important : l’Église n’est pas seulement une institution, elle est aussi une communauté vivante. Et c’est peut-être précisément cette dimension communautaire qui parle aux jeunes, même à ceux qui ne savent pas encore bien exprimer ou nommer leur quête.
Comment nos écoles, nos familles, nos paroisses, répondraient-elles à pareil événement? Prendraient-elles le temps d’en parler avec leurs jeunes, de les accompagner et de leur permettre de vivre un tel moment? La question mérite d’être posée, car elle nous invite à réfléchir à la place que nous accordons à la foi dans la vie scolaire, familiale et communautaire.
Quoiqu’il en soit, on pourrait commencer par inviter les jeunes à suivre la visite du Pape en France, puis leur demander ce que cela éveille en eux. Il serait important, et nécessaire, de créer des espaces et des lieux de dialogue où l’on peut oser poser des questions, exprimer et partager des souhaits, et ainsi ouvrir des chemins de foi et d’espérance.
Ginette Côté
Pour voir la programmation du voyage du Pape en France, cliquez ici
Photo : CATELIER ARGO
Mme Côté travaille pour les Œuvres pontificales missionnaires comme coordonnatrice national de Mond’Ami.
Infolettre
Abonnez-vous à notre infolettre pour recevoir les toutes dernières nouvelles de notre Œuvre!
Billets de blogue, nouvelles, vidéos et contenus exclusifs vous attendent à chaque mois!
Soutenez Mond’Ami!
Afin de donner aux enfants la chance de croître dans la foi, dans l’espérance et dans l’amour du Christ.
Faire un don