24 Sep 2026
Le droit des enfants au cœur de la 112e journée mondiale de migrants et des réfugiés
À quelques jours de cette journée mondiale, le Pape a appelé, à la fin de l’audience de ce mercredi, à la responsabilité de tous face au phénomène de la migration. Dans un entretien avec les médias du Vatican, la Sœur Marizete Garbin, coordinatrice du département des migrants et réfugiés de l’archidiocèse de Johannesburg relevant du dicastère pour le Développement Humain Intégral, soutient que derrière chaque chiffre de migrants, il y a une personne, une histoire et une dignité à protéger.
Par Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
De son expérience dans l’archidiocèse de Johannesburg, Sœur Marizete, coordinatrice du département des migrants et des réfugiés décrit la migration comme un phénomène mondial. Les guerres, les situations politiques et économiques ou encore les catastrophes naturelles poussent aujourd’hui de nombreuses personnes à prendre les routes de la migration. Mais, rappelle-t-elle, ce phénomène n’est pas nouveau: «La migration fait partie de l’histoire des peuples et se poursuit encore aujourd’hui».
«Même pour un seul de ces petits»
À partir du thème de la journée mondiale des migrants, «nous pouvons retenir, que les enfants nés de parents réfugiés ont des droits: le droit d’étudier, le droit de manger, le droit d’être protégés, le droit d’avoir une maison, le droit d’être soignés, le droit d’avoir une documentation et, comme tous les enfants, de vivre heureux et dans la joie», affirme-t-elle. Entretien.
À travers votre expérience, comment se présente le phénomène de migration aujourd’hui?
D’après mon expérience, je crois que le phénomène de la migration est aujourd’hui un phénomène global. Le monde est devenu un grand village planétaire et la facilitation des mouvements migratoires est liée à de nombreuses situations, comme, par exemple, les guerres, les situations politiques et économiques ou encore les catastrophes naturelles. Toutes ces situations poussent les personnes à migrer.
Je pense que ce phénomène a toujours existé. Il faut donc l’interpréter comme une réalité humaine qui accompagne l’histoire des peuples. Les hommes et les femmes ont toujours migré. Nous le voyons déjà dans l’histoire biblique, dès les débuts de l’humanité: la migration fait partie de l’histoire des peuples et se poursuit encore aujourd’hui.
La protection des mineurs est au cœur de cette Journée qui sera observée dimanche prochain, et le message du Pape souligne cet aspect particulièrement. Pourquoi est-il important de placer les enfants au cœur de cette édition?
Premièrement, je considère que les enfants sont l’avenir de l’Église et de l’État, en tenant compte de la réalité sur le terrain, ici en Afrique du Sud. Je pense que la protection des enfants est très importante, d’autant plus qu’ils sont souvent victimes d’abus de toutes sortes. Nous devons donc vraiment travailler sur la question de l’avenir des enfants, en collaboration avec les familles de migrants et de réfugiés. Ainsi, nous pouvons veiller à ce que les enfants bénéficient de leurs droits et leur donner les possibilités de grandir comme des enfants capables et intelligents, de se développer pleinement et de devenir les acteurs de l’avenir.
Le Pape Léon XIV appelle à un changement de perspective, en passant de la simple gestion des flux migratoires à la protection des droits et de la dignité de chaque personne. Que signifie concrètement ce changement de regard auquel le Pape nous invite?
Cette position du Pape Léon XIV signifie que nous ne pouvons pas regarder les migrants uniquement comme une question de chiffres. Nous devons les considérer, ainsi que les réfugiés, comme des êtres humains, avec leur histoire et leur dignité, qui ont besoin de protection.
Comment travaillez-vous pour rendre concret ce droit à la protection et à la dignité?
La première chose que nous faisons avec les personnes que nous accompagnons, c’est de leur offrir un accueil dans la dignité: les recevoir et les écouter. Après les avoir écoutées, nous les accompagnons dans différentes démarches et leur proposons les activités que nous développons et promouvons ici, dans l’archidiocèse de Johannesburg. Nous essayons de les intégrer à ces différentes activités, en leur laissant la liberté de choisir le parcours qu’elles souhaitent suivre et les démarches qu’elles veulent entreprendre avec nous. L’objectif est de les aider à devenir autonomes, afin qu’elles disposent des moyens de subvenir à leurs besoins, de gagner leur vie et, notamment, de pouvoir payer leur loyer.
Quels sont aujourd’hui les défis urgents auxquels les États, les organisations ou les acteurs de l’Église, comme vous, sont confrontés et auxquels ils doivent répondre, surtout en Afrique du Sud?
Nous essayons toujours de favoriser la réunification familiale, afin que les parents et les enfants puissent rester ensemble. Il y a malheureusement encore beaucoup de situations de séparation. Lorsque nous sommes obligés, par exemple, de séparer les parents et les enfants, ou lorsque les enfants doivent rester avec leur mère ou leur père, nous essayons de faire en sorte que cette séparation soit seulement temporaire et qu’elle ne dure pas trop longtemps. Nous cherchons ainsi à éviter les conflits et les conséquences négatives pour la vie des enfants. Car séparer les enfants de leurs parents est une grande faute que la société peut commettre.
Photo : Le Pape Léon XIV avec les enfants de migrants et de réfugiés en Espagne, lors de son voyage apostolique. (@Vatican Media)
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