31 Oct 2025
Missionnaire dans la jungle du Pérou : voici ce que j’apprends
Par Miguel Ángel Marugán, c.p.
Je suis originaire de l’Espagne et j’appartiens à la congrégation dite des Passionistes. Mais j’habite très loin de mon pays. Vous voyez, je suis missionnaire au Pérou dans la province de Alta Amazonas. Cela fait maintenant 10 ans que je suis en mission dans la jungle péruvienne. Dix années très intenses vécues avec le cœur et l’esprit, au sein d’un peuple à la fois fascinant et très humain. Je vous raconte.
La réalité de la jungle au Pérou est, pour le moindre, paradoxale. D’un côté, il y a beaucoup de pauvreté économique puisque le mode de vie des gens est fondamentalement l’agriculture de subsistance. En même temps, on y découvre une immense richesse aux plans humain et culturel. Les habitants de la jungle sont des gens très humbles mais aussi très bons, qui gardent vivant des valeurs ancestrales telles que la bonté, l’accueil, la confiance et le respect pour la nature et tout ce qu’elle représente puisqu’elle constitue leur nourriture et leur vie.

Je m’occupe d’une paroisse rurale dans une localité du nom de Lagunas, qui inclut 50 communautés natives. Tant à Lagunas comme dans lesdites communautés, on ne peut s’y rendre que par voie fluviale en parcourant les rivières Huallaga, Marañón, Nucuray et Pavayacu. Pour les gens de la jungle, la rivière représente la vie car elle le leur donne à boire, elle permet de se laver, elle leur donne à pêcher. Et c’est pour cette raison que tous les petits villages se trouvent au bord d’un fleuve.
À chaque fois que je fais mes visites dans les communautés, j’expérimente quelque chose qu’on a presque perdu en Occident : la simplicité de la vie. Les gens des communautés natives se nourrissent et vivent à partir de ce qu’ils sèment, de ce qu’ils pêchent, et de ce qu’ils chassent. La jungle et les rivières sont à la fois leur garde-manger et leur marché.
Quand je visite les gens, les enfants sont les premiers à m’accueillir. Il y a des quantités d’enfants. Des bébés, des tout-petits, des plus grands… de tous les âges. Ils ont toujours des sourires merveilleux. Les mamans, aidées par leurs filles, sont normalement à la maison et s’occupent de tout ce qui concerne la famille : aller chercher de l’eau et du bois, cuisiner, laver du linge, garder les tout-petits… Ce n’est pas facile d’être une femme dans la jungle. Elles sont de vraies héroïnes ainsi que le soutien d’une société qui, quoique machiste à certains égards de par les rôles qu’on accorde aux hommes, est toujours matriarcale puisque c’est la mère le point de cohésion familial et social.
Les enfants aussi travaillent très fort. Quand il y a des professeurs, ils vont à l’école. Mais ils ont d’autres tâches : ils lavent leur linge dans la rivière; ils vont à la chacra (ferme ou lieu pour cultiver, en quechua); ils portent le bois; ils cuisinent, etc. Mais ils le font tout le temps avec leur grand et précieux sourire.
Les enfants n’ont pas d’appareils électroniques. Ils n’ont pas d’électricité dans leur maison, non plus. Mais ils savent jouer, courir et sauter, et vivre avec cette joie qui leur est propre. Ils se lancent la tête en premier pour faire des roulettes… Toujours en train de rire, comme s’ils étaient le reflet vivant de la joie humaine dans son état le plus pur.
C’est sûr que les habitants des communautés que je visite n’ont pas à leur disposition toutes les « connaissances » scientifiques que nous avons. Toutefois, ils connaissent la jungle ainsi que tout ce qu’elle a à leur donner. Ils connaissent les plantes et toutes leurs propriétés. Ils savent chasser dans la nuit en faisant des heures de marche dans l’épaisseur de la jungle, et profitent de tout ce que la nature leur offre.
Quand tu arrives chez eux, ils t’accueillent toujours avec politesse et gentillesse. Ils te donnent tout ce qu’ils ont et plus encore. Ils vont aller à la chasse pour que tu puisses manger des plats délicieux : des fois c’est de la soupe de petit singe, d’autres fois un bon ragoût de tortue. Parfois c’est du pango de majaz (ndlr. Une sorte de bouilli de rongeur), de carachupa (tatou) ou de gibier. Ou bien du petit poisson. D’autres fois, ils vont tuer une petite poule pour t’accueillir et s’assurer que tu es bien à l’aise.
Vivre avec ce peuple après tant d’années fait réfléchir beaucoup. La générosité des personnes de la jungle fait vraiment contraste avec l’individualisme et un certain égoïsme avec lequel nous vivons en Occident.
Pour ces raisons, et tant d’autres, habiter parmi eux est vraiment une bénédiction de Dieu, une chance d’apprendre à vivre la vie dans la simplicité.
Les enfants péruviens en Amazonie font l'objet du Projet-Partage 2025-2026 - Détails Cliquez sur le lien pour faire un don et soutenir ce projet - Je veux soutenir ce projet
(Photo: Miguel Ángel Marugán)
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