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15 Avr 2026

« Une œuvre qui transforme mes souvenirs d’enfance en une mission pour la Vie »

Par Geoffrey Torres, d.p.

Il arrive parfois que nos souvenirs émergent des endroits les plus inattendus, et nous transportent dans un passé heureux. Dernièrement, en faisant mon ménage du printemps, j’ai retrouvé de vieux souvenirs : deux petits carnets dans une malle qui ont profondément marqué ma vie : mes cartes de membre de l’Enfance missionnaire en Colombie. J’avais à peine huit ans lorsque, dans ma ville d’origine, des religieuses dévouées s’occupaient de cette « belle aventure » d’évangélisation qu’est l’Enfance missionnaire.

Cette découverte, cependant, n’avait rien d’une simple nostalgie. Elle m’a plutôt offert l’occasion de me redécouvrir en ravivant les valeurs, les convictions, et la foi que cette époque avait semées en moi, et qui ont mûries au fil des années. Je faisais partie de l’Enfance missionnaire avec quelques enfants de mon village. Je me rappelle qu’on nous apprenait à prier, à partager et à ouvrir notre cœur au monde. On nous donnait de petites actions et d’engagements quotidiens qui nous permettaient de découvrir le sens de la Mission et la joie de vivre pour servir les autres.

L’Enfance missionnaire a été, et demeure, une véritable pépinière de vocations : à la prêtrise, à la vie religieuse, à la vie conjugale. Elle est aussi un terreau fécond pour des femmes et des hommes engagés dans la construction d’un monde plus juste et plus solidaire. Quand j’y pense bien, cette œuvre pontificale est l’un des piliers de la catéchèse et de l’Évangélisation partout dans le monde.

Aujourd’hui, mon épouse et moi avons fondé une famille. Avec elle, j’exerce le ministère diaconal. J’accompagne aussi un groupe d’enfants de la communauté hispanophone dans mon diocèse de Trois-Rivières. Le pape Benoît XVI disait de la foi qu’elle n’est pas un fait privé, mais un acte communautaire (cf. Porta fidei, n.10, 2011) qui se renforce en la partageant et en la transmettant. Pour moi, cet appel à accompagner les enfants est beaucoup plus qu’un simple acte de pastorale : c’est une manière concrète de donner suite à la mission de faire connaître Jésus que je porte dans mon cœur depuis ces années passées avec l’Enfance missionnaire.

Je rêve que ces enfants ne se contentent pas de vivre leur foi, mais qu’ils deviennent les héritiers de cet appel missionnaire, des croyants engagés et, en même temps, des citoyens responsables qui œuvrent pour le bien de la société.

Cette découverte au fond d’un coffre de souvenirs, est devenue pour moi un véritable signe du Ciel : un souvenir des promesses faites durant mon enfance, promesses qui continuent aujourd’hui encore d’éclairer et de nourrir ma propre mission, mon service et mon engagement diaconal.

L’Enfance missionnaire m’a vraiment ouvert une fenêtre sur l’Église universelle qui est un lieu d’apprentissage de la foi, une véritable école de vie qui m’a aidée à trouver le sens profond de ma raison d’être catholique.

 

M. Torres est diacre permanent et directeur diocésain des OPM à Trois-Rivières. Il travaille également pour les Œuvres pontificales missionnaire comme coordonnateur national d’Animation missionnaire et Prêtres de demain.

 

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